Sujet : Flaubert et l'ennui : Madame Bovary vs Montaigne
Thèse : Flaubert et Montaigne partagent une critique de l'absurdité existentielle, mais divergent radicalement dans leur réponse idéologique.
Développement 1 — Convergence : Montaigne écrit : "Que sais-je ?" — acceptation du relativisme. Flaubert, par son héroïne Emma, montre une femme étouffée par l'absurde de la vie bourgeoise. L'intertextualité est implicite : Montaigne pose la question, Flaubert en démontre les conséquences.
Développement 2 — Divergence majeure : La focalisation narrative diffère. Montaigne parle en première personne = agency personnelle. Emma est soumise à la narration omnisciente de Flaubert = elle manque d'agency, elle est objet, non sujet. Critique féministe : Flaubert prive Emma de voix, mais c'est intentionnel — il démontre comment les femmes sont réduites au silence.
Synthèse & Enjeu : La question devient — peut-on accepter le relativisme tout en combattant l'oppression ? Montaigne le fait en tant qu'homme de privilege. Emma subalterne ne peut pas. L'actualité contemporaine de ce débat demeure : comment penser la liberté quand on n'a pas le pouvoir de la saisir ?